Un joyeux petit bonhomme
Je prends connaissance d'un film sorti en décembre 2009 qui a pour sujet la relation entre un fils et son père. Sujet banal. Très banal même. Ce qui est moins banal c'est que le fils pourrait être le père et le père pourrait être le fils. Tout simplement parce que le fils est atteint d'une maladie génétique que l'on appelle progéria ; maladie rare et perturbante. A 13 ans vous en paraissez 30, vous ressemblez à un monstre comme dans Mars Attack et on vous regarde comme un démon. Vous n'avez pas eu de chance, la vie ne vous a pas fait de cadeaux. Vos années sont comptées, alors vous profitez à fond du temps qui passe en jouant le rôle de l'homme le plus joyeux du monde. D'ailleurs on voit beaucoup de photos sur flickr d'enfants handicapés pourris gâtés : disneyland gratuit, jouets à gogo, rencontres avec des stars, les meilleurs places au match de basket, et j'en passe, on en deviendrait presque jaloux ; j'ai toujours rêvé secrêtement d'être handicapé pour focaliser l'attention des adultes sur ma petite personne car je souffre de carences affectives liés à de l'acné durant l'adolescence. Mais ce n'est pas le sujet.
Le film vient de Bollywood. Il est bien sûr très décevant comme beaucoup de films indiens. Mais il a le mérite d'exister. Il faudrait en faire un remake, en beaucoup plus malicieux. Le progérien a le potentiel de devenir un film de genre à part entière. J'en suis persuadé. Un genre qui drainerait des hordes de fans déchaînés comme ceux de star wars. Des titres de films alléchants façon des serpents dans l'avion permettraient de faire un buzz à moindre frais ; arrêtons-nous 5 minutes le temps de prendre un calepin et de noter des idées de films : le complot Progérien, Progi contre Progeos, Les progériens sont de retour, etc. On aurait des films similaires aux films de monstres. Bon, c'est un peu du déjà vu, mais je ne suis pas non plus très intelligent, je viens de Clermont-Ferrand je vous le rappelle. Je ne m'appelle pas Tod Browning Le film en question s'intitule PAA. C'est l'histoire d'un garçon de 13 ans intelligent et joyeux qui s'appelle Auro et qui est très content de vivre avec sa mère. Ensuite il rencontre son père et se lie d'affection pour lui (ce qui est la moindre des choses) et c'est à peu près tout ; en fait j'ai pas regardé le film, ça m'a énervé au bout de 5 minutes. Tellement j'étais en rage de voir gâcher le potentiel progérien. Où les bons sentiments prenaient le pas sur une haine potentielle, imaginez un progérien sous votre lit qui ricane, imaginez un progérien se prendre une porte dans un bêtisier France 3 de la Saint Sylvestre, imaginez toutes les bonnes choses que l'on peut faire avec ce genre de petit bonhomme sous la main. Au final le site web du film est mieux que le film lui-même. Le film n'a pas eu un écho retentissant, c'est normal, ce film n'a jamais existé, j'ai tout inventé. Je mens. Le film existe. ET IL EST GÉ-NI-AL.
SUPER MARRANT HEIN ? Sur mon CV je mets que j'adore le cinéma, je n'hésite donc pas lors d'entretiens d'embauche de faire part au recruteur de ma passion toute particulière pour PAA ; de même au restaurant, pour conquérir les cœurs je parle avec émotion de ce chef-d'oeuvre, je m'enflamme et j'annonce que j'ai déjà écrit un scénario qui met en scène 800 progériens qui déboulent pleine balle dans la rue principale d'un village maudit ; le temps n'a plus d'importance, les crocs de mes bébés font la différence et les autochtones se laissent dévorer comme des petits pains chauds. La gourmandise est le fil conducteur du projet. Je cherche des financements et lutte contre le téléthon.









Depuis février 2008, nous publions des billets de blog autour de la plus belle police de caractères du monde : la 




Poster un nouveau commentaire